Présence ?

J’entends de plus en plus souvent parler de présence, mais parfois ce mot, tout profond qu’il est, m’a l’air tout droit sortit d’un chapeau... J’entends ces phrases : La présence est la clé, Soyez présent à vous même, Soignez votre qualité de présence... Moi même je me surprends à l’utiliser, j’écris par exemple : « la nature, notre présence à la nature... »

Présence, présence... Nous avons dit présence... ? Mais comment le sentir, ce mot de présence ? Comment le palper, savoir ce qu’il dit ?

Si je regarde dans Le Trésor de la Langue Française, à « présence » je trouve cet exemple :
« Le vieux est allé droit vers les pâturages où sont les bêtes, les longues vaches flamandes aux yeux tristes, qui viennent en ronflant de plaisir manger parfois l’avoine au creux de sa main. Aucune n’a seulement levé la tête, aucune d’elles perdues dans leurs songes. Mais leur humble présence est juste ce qu’il faut... » (citation de BERNANOS)

Et je ne peux m’empêcher de penser qu’il est drôle de voir à quel point les vaches éclairent d’un coup ce mot de « présence » !
Avec leurs galopades joyeuses en direction du vieux, avec leurs ruminations paisibles et le souffle dans leurs narines, elles nous rappellent à... comment pourrait-on le dire... ? : l’immédiate manière spontanée d’être et de vivre ? Le simple fait d’être là ? Cette façon d’être vivant et unique reconnaissable entre toutes ?
 

Notion de présence ?
Insaisissable...
Comme yeux tristes de vache
 
 
comme :
étirement de chien tête en bas
balancement d’algue des mers
cobra dressé
bois tordu
silence d’un ami
versant de montagne stoïque et calme
pin parasol
forme mouvante d’un nuage
étoile
Et ces grues qui passent dans ce ciel...
Les formes du printemps avancent et crient présence !