Hiéroglyphes vivants

Vous est-il arrivé de vous demander ce que percevrait un petit martien qui vous regarderait faire la planche, le cobra, la pince, ou la montagne... ?

Quelle écriture le corps donne t-il à voir de là-haut ? Donne-t-il à lire ? Quel signe, ou quel symbole, est-ce qu’un regard extérieur et profane, posté quelque part en hauteur, pourrait bien percevoir de ce corps qui s’érige, s’étire, tourne et vrille ?

Je me prends parfois à imaginer le corps comme une écriture vivante et figurative, et les postures du yoga comme des hiéroglyphes, porteurs de signaux, de symboliques, de messages à codes...

C’est ainsi que ce matin, dans la posture du cobra, les jambes allongées au sol, le nombril collé à la terre et la poitrine redressée dans l’air, j’étais un cobra, mais j’étais aussi un petit trait courbe tracé sur le tapis, une virgule. J’étais un cobra, mais j’étais aussi une micro seconde pleine de silence, un monde en suspend, qui n’a pas fini de dire, de vivre et d’être en mouvement...